Après le fatras Perruchot, le reconquérant Peltier !

Inutile de seriner les remous causés par les affaires judiciaires de Nicolas Perruchot président du Loir-et-Cher. En 2022, c’est au leader de la majorité départementale, Guillaume Peltier de pimenter cette assemblée en plein weekend de l’Épiphanie, délaissant ses rois LR au profit d’un autre couronne. Depuis ce 9 janvier, il signe d’un Z qui veut dire Zemmour.
Par Émilie Rencien
12 janvier 2022
Guillaume Peltier avec Nicolas Sarkozy et Jeanny Lorgeoux à Romorantin. Archives ER
Guillaume Peltier avec Nicolas Sarkozy et Jeanny Lorgeoux à Romorantin. Archives ER

Le temps où le journaliste Éric Zemmour dézinguait le député Peltier, bras droit de Laurent Wauquiez, sur Paris Première est révolu. Une décennie écoulée, Guillaume Peltier devient en l’allié, porte-parole et vice-président du parti « Reconquête ». Quasiment sans surprise, car l’intéressé assume autant son aversion prononcée pour la politique d’Emmanuel Macron, que ses débuts comme jeune frontiste posant jadis fièrement aux côtés de Jean-Marie Le Pen. 

« Tout le monde a un passé. Regardez Maurice Leroy… Pourquoi me le reproche-t-on à chaque fois ? » citait à l’envie l’élu Peltier en septembre auprès de Xavier Bertrand au zoo de Beauval, bien que tenté par un retour aux sources il donnait déjà discrètement des coups d’œillade en direction de l’écurie Zemmour. En décembre 2021, à Blois, une phrase de Jean-Yves Narquin laissait supposer la direction du vent s’apprêtant à souffler. Ce qui est encore plus intéressant a posteriori lorsque l’on se remémore le fait que le frère de Roselyne Bachelot, connu pour ses convictions politiques d’extrême droite, était justement à ce moment-là le porte-parole de Zemmour. Sur l’interrogation Peltier, sa réponse fut vague et en même temps, subliminale : « Non, nous ne le courtisons pas, non, bien sûr que non… Je lui reconnais toutefois une stature nationale… » En janvier 2022, avec sa carrure prisée, M. Peltier est finalement bien passé de l’autre versant de la barrière, et l’assure haut et fort : « quelle fierté de bâtir, auprès d’Éric Zemmour, le premier grand mouvement populaire de l’union des droites. »

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Deuxième casserole pour le Département

Surtout, ce fameux dimanche 9 janvier 2022, à l’heure du déjeuner devant une galette à la frangipane salée, après les vœux particuliers de Peltier, la vraie fève que beaucoup guettaient était évidemment nichée dans la part du Conseil départemental et de son exécutif estampillé Union Pour le Loir-et-Cher (UPLC). Le maire PS de Blois, Marc Gricourt, a d’emblée balancé le pavé dans la mare. « Que sera la réaction de la majorité du Conseil départemental de Loir-et-Cher à laquelle il appartient ? Du président Philippe Gouet ? De l’ancienne socialiste Tania André ralliée à la droite ? » 

Une épine supplémentaire effectivement dans le pied de Philippe Gouet qui pilote le Département 41 depuis le 1er juillet 2021, à peine remis de la tornade Perruchot. Une démission provoquée s’est par conséquent imposée par voie de communiqué : « Le président Philippe Gouet et Catherine Lhéritier, présidente du groupe UPLCI, prennent acte, et considèrent que le choix de Guillaume Peltier de quitter le groupe UPLCI était le seul envisageable, sa prise de position étant incompatible avec la cohérence politique des élus composant le groupe. » Le « i » ajouté depuis quelques semaines à UPLC, pour « indépendants », aura assurément sauvé les meubles et l’honneur…

Enfin, depuis la Russie, pas de son ni d’image dans l’immédiat sur les réseaux sociaux de Maurice Leroy, ex-président de cette localité, ex-ministre du Grand Paris, actuel chargé du Grand Moscou. « Je suis peiné pour mon Loir-et-Cher et la situation au Conseil départemental, » avait-il publiquement confié à Vendôme le 10 décembre 2021 après avoir été épinglé de la Légion d’honneur par l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy. « Rassemblez-vous Philippe, dans le respect de vos différences ! » Ce n’est pas gagné, eu égard à la récente actualité.

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Qui cocufiera qui à droite ?

Retour ainsi en terre Z. Pour paraphraser une phrase embarrassante du président Macron s’agissant des non-vaccinés Covid, qui cocufiera qui, à droite ? Fabrice Sabran, chef d’entreprise et référent départemental du comité « Z » 41, mise d’emblée sur Les Républicains. Pourtant, lui aussi criait au loup au simple fait d’évoquer Peltier au sein des Zemmouristes…

 « Après être passé partout, jeune FN, puis avoir lorgné sur Maigret et De Villiers, après avoir tenté la Touraine puis s’être inventé des racines en Sologne, poussé par (l’ex-député) Patrice-Martin-Lalande selon un quelconque accord, M. Peltier commence à miser sur Éric Zemmour. Mais c’est non ! Nous recherchons des hommes et des femmes de convictions, de filiation gaullienne. Pas des girouettes ni même des condottieres comme lui ! » Replay : en novembre 2021, M. Sabran avait-il précisé en novembre dernier.

Deux mois plus tard, Fabrice Sabran se ravise sans embarras, édulcore. Défend même. « Oui, je vous ai déclaré ça, mais c’était seulement en réaction au contexte politique local du Loir-et-Cher, vous savez les histoires Perruchot. Oui, le ralliement de Guillaume Peltier est le signe positif d’une dynamique confirmée. Une excellente nouvelle ! »

Naissance du comité présidentiel Blois-Agglopolys…

Toujours selon le comité « Z » du 41, la nouvelle conquête de l’ex-vice-président LR risque d’entraîner dans son sillage d’autres noms vers le camp d’Éric, sans compter des parrainages, indispensables pour s’engager dans la course Élysée en avril 2022. Après Châteaudun (28) , ne doutons pas non plus d’un déplacement prochain du candidat Zemmour en Loir-et-Cher avec cette lame d’épée Peltier.

Dans ce coin rural de France, terre centriste dont les clés du château sont détenues par la ministre Jacqueline Gourault, la pénétration ne semblait fin 2021 pas si aisée, contrairement aux autres départements de la région Centre-Val de Loire. « La droite LR, qui a fait l’erreur de s’allier avec le centre, qui n’est plus en capacité de gouverner, va à nouveau être cocue. Souvenez-vous de la trahison de Sarkozy qui a préféré Kouchner au Kärcher ! Et François Bayrou lâchant Sarkozy pour Macron ! », énumère encore Fabrice Sabran, répétant. « Cela va fissurer davantage l’appareil militant LR mal en point. » 

Pendant ce temps-là, la riposte s’organise dans un autre camp : un comité de soutien Blois-Agglopolys à la réélection d’Emmanuel Macron sera lancé en présence du ministre loir-et-chérien Marc Fesneau, ce samedi 15 janvier.

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