Bertrand et Peltier dans le pré, et plus si affinités

Le président de la région Hauts-de-France et le député LR de Loir-et-Cher vont-ils se tailler la part du lion présidentiel en 2022 ? En ruralité, l’alliance des deux hommes, en visite à Saint-Aignan-sur-Cher ce 1er septembre, fait d’ores et déjà causer, d’autant plus après la débandade Perruchot.
Par Émilie Rencien
1 septembre 2021
Xavier Bertrand et Guillaume Peltier en visite à une plantation viticole
Au Domaine de la Chapinière à Châteauvieux (41), Xavier Bertrand et Guillaume Peltier, les pieds ancrés dans les territoires... guidés par la vigneronne Florence Veilex (à gauche). ER / POLITICA

Le monde politique, une jungle ? Parmi les visiteurs du zoo de Beauval et fans de pandas ce mercredi, le costume-cravate de Xavier Bertrand (ex-LR) aura détonné dans un paysage de biodiversité. L’ancien ministre qui a officié sous mandature Fillon était en goguette à Saint-Aignan-sur-Cher ce mercredi pour battre non pas le blé, mais le pavé en vue de convaincre les élus locaux de son projet de « République des territoires », dans la perspective de sa course escomptée vers l’Élysée.

Il avait sur place un soutien de la première heure et de taille, le conseiller départemental de Chambord et député LR, Guillaume Peltier, président de la majorité départementale de Loir-et-Cher, en aura récemment mangé par ricochet son chapeau de numéro 2 des Républicains. Alors, Xavier Bertrand pouvait bien vanter les qualités de ce sigisbée, dont l’amitié s’avère émaillée de menus sacrifices. 

« Guillaume est courageux, a beaucoup de talent. Dynamique, beaucoup d’idées. » La brosse à reluire n’était pas factice puisque dans le Loir-et-Cher, Peltier a été avancé sans sourciller dans le fauteuil de l’homme clé qui accompagnera la campagne de Bertrand. Encore moins étonnant lorsque le patron des Hauts-de-France a dévoilé le triptyque de son programme électoral — « autorité, travail, territoires » — résonnant en écho de déjà vu chez Peltier.
In vino veritas ? Malgré de matinales discussions en compagnie de viticulteurs à Châteauvieux autour de café, croissants et cépage Côt, les bouches sont demeurées cousues à l’évocation d’un patronyme aux traces indélébiles qui jetait l’opprobre sur cette visite somme toute conviviale.

Quid des ambitions ministérielles de Perruchot ?

Une jungle, peut-être ; un cirque, assurément. Les uns et les autres auront ainsi assuré que tout va bien pour Nicolas Perruchot, ex-président de droite du Conseil départemental de Loir-et-Cher, parti de ses fonctions avec perte et fracas après moult affaires dérangeantes, notamment de gros sous. Mais pas de chance, officiellement, son agenda ne lui aura pas permis de se déplacer ce 1er septembre en vallée du Cher.

Autre déveine, bien qu’il le confiait à la presse à l’envi avant son départ précipité, Perruchot ne sera pas non plus un ministrable de Xavier Bertrand, qui plus est chargé du budget. « Je ne savais pas qu’il avait des ambitions ministérielles avec moi ! » aura souri le président des Hauts-de-France qui avait in situ d’autres tigres à fouetter.

L’idée de remise au goût du jour du conseiller territorial par Xavier Bertrand — une fusion du conseiller départemental et régional adaptée aux évolutions de la Loi NOTRe — aura particulièrement fait tiquer la quarantaine d’élus de la droite et du centre dont le député vendômois Pascal Brindeau (Udi) ; le sénateur Jean-Marie Janssens (Udi) ; Philippe Gouet, le nouveau président du Département 41 (Udi) ; Catherine Lhéritier (Udi), maire de Valloire-sur-Cisse, première vice-présidente départementale et présidente des maires de Loir-et-Cher ; Aurélien Bertrand, maire LR de Pruniers-en-Sologne ; Malik Benakcha, conseiller municipal d’opposition LR de Blois ; Éric Doumas, président du Mouvement de la Ruralité Centre-Val de Loire, et même Jacques Marier, ancien conseiller départemental de Nicolas Perruchot…).

En fin de déplacement, le député Peltier, l’a néanmoins assuré, en bon premier de cordée. « Laurent Wauquiez a abandonné. David (Lisnard, le maire de Cannes) n’ira pas parce que candidat à la présidence de l’AMF (Association des Maires de France et des présidents d’intercommunalités). Valérie Pécresse laissera également, vous verrez les autres aussi… Alors qu’avec Xavier, lui et moi, nous parlons beaucoup des Français. » Évidemment, puisque le duo, croyant en sa destinée, repousse ardemment l’idée d’une primaire qui selon leurs dires « ne crée que des divisions et favorise l’entre-soi qu’exècrent les Français. ».

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