Crise à Orléans Métropole : Christophe Chaillou sur la sellette

Christophe Chaillou (PS) a été mis en minorité lors du conseil métropolitain de ce jeudi soir. Le vote sur la redéfinition des compétences communautaires a brisé sa majorité gauche-droite. Sa continuité à la tête de l’exécutif sera remise en question lors de la conférence des maires mercredi prochain.
Par Alberto Rodriguez Pérez
15 octobre 2021
Christophe Chaillou
L’avenir de Christophe Chaillou à la merci de la conférence des maires de la métropole. ARCHIVES / ARP

Le conseil métropolitain de ce jeudi 14 octobre a été le théâtre de l’éclatement de la majorité « gauche-droite » de Christophe Chaillou (PS). Mis en minorité sur deux délibérations déterminantes, sa présidence, conquise avec les voix de la droite orléanaise de Serge Grouard en juillet 2020 au prix d’une alliance politiquement « contre nature », chancelle. Le clivage droite-gauche a repris ses quartiers alors que les deux groupes de droite de la métropole s’opposent parfois violemment.

Ainsi, à en croire le président, deux votes sur des questions ayant fait l’objet de longues concertations ont montré la fragilité de sa gouvernance. « Il s’agit du retour à la Ville d’Orléans de la gestion des musées, de la patinoire du Baron, des clubs professionnels de basket (OLB) et de football (USO), et du parc floral. Et dans le même temps, à la marge, d’aller vers de nouvelles compétences : sur une piste de BMX à la Chapelle Saint-Mesmin et des aménagements en bord de Loire, au nord. Enfin, de sacraliser une partie des compétences sportives dans le giron métropolitain, notamment les clubs de handball de Saran et Fleury-les-Aubrais. »

Deux délibérations rejetées par 53 voix contre, 35 pour et une abstention. Le président de la Métropole a donc été mis en minorité.

L’avenir de Christophe Chaillou à la merci de la conférence des maires

Le groupe d’opposition « droite, centre et citoyens » rassemblé derrière Matthieu Schlesinger, a voté contre pointant « un manque de cohérence ». Le maire centre droit d’Olivet a été rejoint par la droite orléanaise de Serge Grouard (LR) pour laquelle ces délibérations posaient un « problème financier et fiscal ». Ces décisions s’accompagnaient d’éventuelles hausses d’impôts locaux, du versement transport payé par les employeurs, de la contribution foncière des entreprises, de la taxe foncière sur le foncier bâti (déjà réévaluée cette année, NDLR),, nécessaires selon Christophe Chaillou au financement des nouveaux projets.

Désavoué par l’assemblée métropolitaine, la continuité de M. Chaillou à la tête de l’exécutif sera posée, à huis clos, lors de la conférence des maires, mercredi 20 octobre. 

« Je regrette profondément ce vote, je pensais que ces délibérations étaient issues d’un large consensus », a déclaré Christophe Chaillou au micro de France Bleu Orléans au lendemain de sa mise en difficulté. « Depuis un an, je travaille dans l’intérêt général, au-delà des clivages et des différences pour essayer que notre métropole continue de se développer. Après, si les élus, les maires notamment ne partagent pas mon point de vue, nous devrons tous, collectivement, en tirer les conséquences. »

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