EELV 41 : une incinération qui nourrit le feu de la discorde

Les Verts du Loir-et-Cher questionnent et surtout, pilonnent un projet à la suite de la consultation préalable qui s’est déroulée du 23 novembre au 19 décembre 2021 sur une dizaine de communes d’Agglopolys. Ce qui leur hérisse le poil ? La construction d’une nouvelle ligne d’incinération.
Par Émilie Rencien
27 décembre 2021
Unité de valorisation énergétique d'Arcante à Blois gérée par SUEZ. ARCHIVES ARP
Unité de valorisation énergétique d'Arcante à Blois gérée par Suez. ARCHIVES ARP

Cette article à récemment été mis à jour le 28 décembre 2021

C’est une énième alerte envoyée par le paysagiste Nicolas Orgelet, coprésident du groupe écologiste à Blois, également vice-président d’Agglopolys à la transition écologique et énergétique. Le parti Europe Écologie Les Verts, section Loir-et-Cher (EELV 41), explique ainsi qu’une unité d’incinération supplémentaire à Blois, « c’est une augmentation des rejets gazeux et des potentielles pollutions locales de l’air pour les populations environnantes. C’est aussi une augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère ; une production supplémentaire de déchets d’incinération ; un projet présentant, à tort, les déchets valorisés comme une énergie renouvelable ; la circulation de 30 camions supplémentaires par jour…. »

Tout part d’un projet présenté à Blois le 16 décembre dernier. Celui se focalisant sur la possible naissance d’une ligne supplémentaire dite de « valorisation énergétique », d’ici 2026. Comprenez, derrière le terme pompeux dans la tendance de bonne conscience du moment, une volonté d’étendre l’usine de recyclage et de valorisation des déchets existante depuis la fin des années 1990, sur l’avenue très passante de Châteaudun.
Pourquoi faire ? Selon le discours de Suez, en vue de diminuer les déchets tout-venant arrivant en déchetterie. Non valorisables, ils génèrent un enfouissement subi en conséquence. Cette réduction envisagée serait réalisée non pas à l’échelle locale, mais bien régionale. Ce qui implique des volumes importants.

Entre 30 000 et 50 000 tonnes de déchets par an pourraient être traités à Blois

Et effectivement, ce sont entre 30 000 et 50 000 tonnes de déchets par an qui pourraient de facto être traités à Blois. Comment exactement ? La masse contribuerait non plus à tenir compagnie aux vers de sous-sol, mais plutôt à produire de l’énergie électrique à destination de l’agglomération de Blois (entre 25 000 et 45 000 kWh annuels estimés). Le dossier, pour sortir de terre, devra mobiliser entre 45 et 70 M€. Une bonne idée pour les uns… 

Des émissions TV comme « Zone interdite » ou « Envoyé spécial » ont toutefois déjà pointé de leur côté ce qu’il qualifie de « mensonge » quant à certains manquements constatés ici et là lors du tri des déchets. Plusieurs exemples notamment dans les Bouches-du-Rhône (matières recyclables, cartons, bois, plastiques…) et produits dangereux (pneus, gaz, pare-chocs) parfois présents à la fois in situ accablent de temps en temps le gestionnaire de ce type de sites, Suez.

À Blois, l’histoire est différente, mais c’est un fardeau selon EELV 41 qui accuse encore : « La construction de cette nouvelle ligne va grever pour des dizaines d’années les finances publiques locales, forcément au détriment d’autres solutions plus écologiques. Par exemple, la valorisation des déchets de bois ou la mise en place de déchetteries disposant de véritables filières de valorisation pour les professionnels, notamment les artisans locaux. Ou le soutien aux collectivités pour la mise en place de solutions pour le traitement des biodéchets. »

Les Blésois ont-ils vocation à recueillir sur leur territoire des déchets en provenance de toute la région, voire au-delà ?

Sont citées les bornes à compost de Lyon ; au passage, une ville « à la pointe écolo » menée par le maire EELV Gregory Doucet. Côté feu nourri, le groupe blésois soulève un autre lièvre brûlant de l’incinération dans son argumentaire récriminant. « On augmente avec ce nouveau four la capacité disponible dans les deux autres, alors que la production de déchets locaux (périmètre Val-Éco, c’est-à-dire Communauté de communes de Blois, Amboise et Vendôme) se réduit et ne sature pas les fours existants, elle ne l’a d’ailleurs jamais fait. On crée donc à nouveau, comme lors de la construction de l’incinérateur, une surcapacité qui implique une dépendance pour alimenter les fours à l’importation de déchets de plus en plus lointains. Les Blésois ont-ils vocation à recueillir sur leur territoire des déchets en provenance de toute la région, voire au-delà ? Les contribuables des communes membres de Val-Éco doivent-ils payer pour traiter ces déchets ? »

À terme, ce sera oui ou non, et justement, c’est Val-Éco, syndicat de collecte des déchets des agglomérations de Blois, Vendôme et d’Amboise, qui aura le dernier mot pour faire dans un sens ou l’autre pencher la chaude balance.

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