Élections départementales : la droite conserve le Loir-et-Cher, la gauche dénonce une trahison

Le soutien négocié de Tania André et Bruno Harnois (élus divers gauche à Romorantin), donne la présidence à Philippe Gouet (UPLC) et provoque des tensions.
Par Alberto Rodriguez Pérez
1 juillet 2021
Façade de l'Hôtel du département de Loir-et-Cher
Hôtel du département de Loir-et-Cher à Blois. ARP / POLITICA

« Que des ex-socialistes fassent la courte échelle à la droite extrême de Guillaume Peltier, c’est le déshonneur suprême. » Michel Fromet, conseiller départemental (divers gauches) de Blois 3 et doyen de l’assemblée départementale, a le visage des trahis.

Jeudi 1er juillet, dans la salle capitulaire Kléber-Loustau du conseil départemental de Loir-et-Cher, à Blois, le favori de l’élu de gauche à la présidence de la collectivité n’a pu que constater la défaite.  Philippe Gouet 63 ans, élu UDI de Vendôme, est plébiscité au premier tour par seize voix contre quatorze pour son adversaire Stéphane Baudu (MoDem).

L’Union pour le Loir-et-Cher (UPLC), majorité sortante de droite et du centre, était arrivée en tête des urnes dimanche soir, avec sept cantons et quatorze élus sur trente conseillers. Sans majorité absolue, avec une droite divisée en deux camps et la minorité de gauche en arbitre, tout devait se jouer avant la séance d’installation.

Deux jours plus tôt, ni Michel Fromet ni M. Baudu n’imaginaient un tel dénouement. « Nous avons beaucoup discuté avec Tania André et Bruno Harnois jusqu’à mercredi soir », déclarait le malheureux candidat à la présidence. Lui, qui souhaitait ouvrir une majorité en dehors des étiquettes politiques et des appareils, a été battu. « J’étais raisonnablement optimiste, mais un élément a fait basculer les choses ».

« Je ne suis ni pour la gauche, ni pour la droite, je suis dans une optique de construction et non de démolition.”

TANIA ANDRÉ  – Elue du canton de Romorantin

En effet, un accord avait été négocié par la majorité de droite sortante avec Tania André, élue PS à la Région et directrice de cabinet de l’ancien éléphant socialiste Jeanny Lorgeoux (maire de Romorantin), et son binôme, très effacé, Bruno Harnois. Et notamment une présidence dont Mme André se voit récompensée.

En rejoignant le camp ou siège désormais Guillaume Peltier, élu au canton de Chambord, qu’elle combattait énergiquement à l’Hôtel de région, Mme André affirme avoir choisi le camp du « respect ». « Je n’ai plus d’étiquette politique, j’ai démissionné du PS pour être libre et indépendante et je me retrouve dans mon choix à soutenir l’UPLC. »

Tania André revendique sa liberté. Néanmoins, les élus du clan Lorgeoux pouvaient difficilement rejoindre le camp Baudu. En effet, le député MoDem avait soutenu leur adversaire Louis de Redon aux municipales de 2020. Défait, ce dernier avait dépose un recours devant le tribunal administratif d’Orléans pour obtenir l’annulation des premier et second tours. 

Assis dans le fauteuil de présidente, Philippe Gouet n’a pas alimenté la polémique promettant de s’inscrire « dans la continuité » et fixant quelques objectifs à sa nouvelle et étroite majorité. Une majorité de droite avec des éléments de la droite forte, soutenue par un binôme de gauche qui semble privilégier les mutations spontanées aux transitions politiques au long cours. Plus qu’à un pacte de gouvernance fragile, cela ressemble plutôt à de l’opportunisme !

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