Jean Castex – Marc Gricourt : ça balance pas mal à Blois

Encore un déplacement pour rien, ont grommelé certains. Pourtant, la visite officielle du Premier ministre samedi 20 novembre à Blois s’inscrivait dans un cadre localement sérieux et d’importance nationale, l’ouverture ce jour même d’une exposition sur les « Arts de l’Islam ».
Par Émilie Rencien
22 novembre 2021
Jean Castex et Marc Gricourt, discussion bon enfant de façade; soupe à la grimace en back-office. ER / POLITICA
Jean Castex et Marc Gricourt, discussion bon enfant de façade; soupe à la grimace en back-office. ER / POLITICA

Blois, the place to be ! Le Loir-et-Cher reçoit souvent de fameux visiteurs politisés, mais force est de constater que ces derniers temps, le nombre affiché au menu s’emballe boulimiquement. Jean Castex, qui venait dans les départements voisins, a semblé un temps bouder le Loir-et-Cher. Mais, une fois l’amorce déclenchée, le flot ne s’est pas arrêté, à tel point que l’explosion fait songer à l’implantation d’une antenne de l’Hôtel de Matignon délocalisée sur ce territoire. Mai, juin, juillet, septembre, novembre… Un, deux, trois, quatre, cinq…

Le Premier ministre apprécie visiblement la douceur de vivre du Centre-Val de Loire, car depuis ce printemps, sur des sujets tels que le déconfinement des commerces, le congrès des villes de France, les élections régionales, les journées parlementaires du Modem…, il rallie sans hésiter le département. Et presque mensuellement, Jean Castex remercie au passage chaleureusement les élus locaux composant ce terroir loir-et-chérien. Peut-être que deux de ses amis Modem du Gouvernement, originaires du Loir-et-Cher, lui soufflent mot ?

« La raison de cette fréquence est sans aucun doute l’attractivité de la région, la proximité géographique avec le grand bassin parisien. C’est ainsi qu’il faut l’expliquer, » a commenté samedi 20 novembre Marc Fesneau, ministre délégué auprès du Premier ministre (PM), chargé des relations avec le Parlement et de la participation citoyenne. Pendant ce temps, le « PM » souhaitait un joyeux 71e anniversaire à Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, et lançait avec humour un taquin « je te supporte Roselyne déjà depuis une heure ! » à l’attention de la ministre Bachelot, à la Culture, l’accompagnant.

Jean Castex, d’humeur joyeuse, blague avec Roselyne Bachelot pendant la brève visite blésoise du 20 novembre. ER / POLITICA
 

Derrière l’ambiance potes-potache, le premier concerné par cet invité récurrent, Marc Gricourt, l’édile PS de Blois, supporter de la maire de Paris, Anne Hidalgo, candidate de la gauche pour l’élection présidentielle 2022, s’est montré courtois, souriant, accueillant. Républicain. Or, récemment, il n’a toujours usé d’une telle conciliation : nous nous remémorerons son boycott de la visite officielle de Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, en février dernier à Blois. « Une position exceptionnelle » selon M. Gricourt, validée par le président de la communauté d’agglomération de Blois, Agglopolys, Christophe Degruelle (PS), incriminant tous deux Mme Vidal qu’ils ont à l’époque jugé « muette, inaudible, incapable de prendre la mesure de la situation (face aux) conséquences catastrophiques de la crise sanitaire pour une grande majorité d’étudiants. » Quelques mois plus tard, l’échange automnal avec le Premier ministre fut publiquement cordial à proximité de la Halle aux Grains. « Tout va bien sinon avec le virus ? Tant mieux. À bientôt, merci. » Mais…

Des mots blésois sur des maux qui piquent

Face puis pile, et ça balance, ça balance pas mal à Blois : les talons gouvernementaux à peine tournés, le climat blésois s’est refroidi aussi rapidement que la météo du ciel est devenue frisquette. Sur son Facebook, Marc Gricourt ne se prive pas de torpiller, installé derrière son écran. Le propos débute ainsi : « Merci aux quatre ministres dont le Premier, d’être venus à Blois hier dès 9h pour le lancement de la superbe exposition Arts de L’Islam. » Puis, vient le temps pour le maire de dégainer le « mais », il écrit sans mégoter. « Mais nos ministres, en particulier Roselyne Bachelot, ministre, paraît-il, de la Culture, ne s’est même pas aperçue qu’à deux pas se déroulait le deuxième festival de France de la BD. (…) Avait-elle peur de se heurter aux autrices et auteurs dans une situation de paupérisation ? Avait-elle peur de rester trop longtemps avec moi pour lui rappeler l’attention que l’on attend depuis deux ans pour compenser en partie les 2 millions de pertes de recettes au château dû à l’épidémie Covid ? Sur ce dossier après un semblant d’intérêt de tous, une fin de non-recevoir de l’ancien ministre de la Culture, de la ministre des Territoires (une certaine Jacqueline Gourault), du ministre Dussopt (celui qui comme quelques autres a renié et trahi son passé au PS ! ), et plus récemment la “semblant” ministre de la Culture nous assurant pourtant de sa grande attention à l’occasion des Rendez-vous de l’Histoire. Bref, une venue simplement “électorale”, sans intérêt pour notre territoire. »

18 villes d’exposition artistique, dont Blois sous les projecteurs

Dans ce brouhaha rancunier, rappelons toutefois que la chicane a failli éclipser le vrai sujet, c’est-à-dire la manifestation, d’accès libre et gratuit, qui a débuté ce samedi-là, le 20 novembre, à la bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois et s’achèvera le 6 mars 2022, consacrée aux « Arts de l’Islam ». Soit un événement national : cette exposition, qui offre une immersion au sein des cultures islamiques, de l’Espagne à l’Inde, du VIIe au XIXe siècle, pour « permettre à un très large public et aux jeunes générations de poser un nouveau regard », est coproduite par les Musées nationaux, le Grand Palais et le Louvre s’il-vous-plaît, déclinée en simultané dans 18 villes de France. Dont Blois qui fut de fait ce mois de novembre mise sous la lumière des projecteurs, contrairement à ses autres 17 comparses. Côté Agglopolys, le réseau de Christophe Degruelle, ancien directeur de cabinet de Jack Lang, aura sûrement aidé la ville ligérienne à abriter ce rendez-vous culturel. Tout comme le fait que le Premier ministre était attendu dans la foulée cette matinée du 20 novembre en Indre-et-Loire, à Amboise – pour réaliser un tour de bateau sur la Loire et surtout, dévoiler son plan de bataille touristique pesant 1,9 M€ pour redonner son panache post-Covid à la destination France – aura assurément contribué à cet arrêt blésois d’honneur sis sur le trajet.

Alors, un mot, ou deux, tout de même, sur ce thème ? « Tout d’abord, la culture dans tous les territoires ! Voilà, avoir le Grand Palais et le Louvre qui se mobilisent ici pour ce territoire en partenariat avec les acteurs locaux, c’est formidable, » a accepté de répondre Jean Castex, au pied du long cortège mobilisé à Blois. « Et puis, la découverte de l’extrême richesse de l’art de l’Islam. C’est un art ouvert. Un art pluriséculaire. Un art qui s’étend sur plusieurs continents. On peut apprécier les ambitions de cette exposition à destination des publics scolaires, de la jeunesse de notre pays. En ce moment, ça fait beaucoup de bien. » Ouf, l’honneur est sauf ! Même si les coulisses n’ont pas fini de s’agiter politiquement, tant bien que mal, à l’approche de scrutins à enjeux de pouvoirs.

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