Le Petit Solognot mis en examen pour sa lutte contre l’engrillagement !

Il existe des sujets sensibles et des pressions pénibles. Derrière leurs clôtures, certains grands propriétaires jugent parfois avisé de mettre en cause liberté de circulation et bien-être animal, et par ricochet, la liberté d’information.
Par Émilie Rencien et Frédérique Rose
21 octobre 2021
En Sologne, des kilomètres de grillages s'étendent le long des domaines de chasse privés acquis par des grandes fortunes françaises. ARP / POLITICA

La nouvelle est tombée avant que les feuilles à l’approche de l’automne ne tombent… Tout est parti d’un communiqué de presse émis par la région Centre-Val de Loire, au printemps 2020 au cœur du premier confinement sanitaire, daté du 27 avril 2020, agrémenté d’un courrier adressé en copie à la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, cosigné par le président de cette région, François Bonneau (PS) et le cinéaste Nicolas Vanier.

Cette information partagée avec la presse enfonçait le clou sur le sujet du combat contre l’engrillagement de la Sologne, dénonçant au passage publiquement une poignée de grands propriétaires identifiés. Avec ce texte repris dans un article du Petit Solognot en mai 2020, nous n’imaginions évidemment pas la suite judiciaire qui nous serait réservée de manière tranchante en exerçant simplement notre métier d’informer, à l’heure où il est possible de lire des infamies et propos d’incitation à la haine, homophobes et compagnie bien pires sur les réseaux sociaux en toute impunité…


Ainsi, par courrier en date du 29 septembre 2021, nous nous sommes vus mises en examen pour avoir simplement publié des extraits de ce fameux communiqué de presse (d’autres médias dont une TV sont également concernés). Peu scrupuleux d’engorger les tribunaux, un grand propriétaire parisien a donc décidé d’engager une procédure en diffamation devant le Tribunal judiciaire de la capitale. L’objectif de cette procédure abusive est évidemment de nous intimider et de nous faire taire sur la question de l’engrillagement, afin de pouvoir, en toute tranquillité, continuer à transformer la Sologne en prison à ciel ouvert.


La presse ne cédera pas à l’intimidation !


Pour rappel, le rapport conjointement élaboré par les ministères de l’environnement et de l’agriculture établi en 2019 a pointé du doigt les méfaits de l’engrillagement et souligné ses effets négatifs en matière de tourisme, de paysage, de continuités écologiques et de risques sanitaires aussi bien pour la faune sauvage que domestique. L’argument du droit de propriété souvent invoqué a été repoussé par les auteurs de ce rapport : « contrairement à ce qui peut parfois être allégué, le droit de se clore n’est pas un droit absolu. Les principes et les modalités de la clôture ne sont pas à la discrétion du propriétaire. Ainsi certains types de clôtures constituent un abus de droit ».

Cette « atteinte à l’identité de la Sologne » a fait l’objet de nombreux articles dans nos colonnes et nous ne manquons pas de dénoncer depuis des années l’engrillagement croissant de notre territoire. Nous relayons régulièrement les paroles de Solognots, de chasseurs, de promeneurs, d’automobilistes et même de propriétaires… qui s’insurgent de ces méthodes conduisant à une défiguration de la Sologne. Des associations de chasseurs, de randonneurs et de protection de la nature, mais aussi plusieurs élus du territoire, se sont mobilisés afin que l’édification de ces clôtures soit mieux encadrée.

La région Centre-Val de Loire a ainsi adopté en 2019 le Sraddet (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) dans lequel une série de mesures réglemente strictement la construction de clôtures autour des propriétés. Désormais, elles doivent respecter une hauteur maximale de 1,20 m et laisser un espace de 30 cm minimum au-dessus du sol. Elles doivent aussi être exclusivement construites à l’aide de matériaux naturels.

Même si cette réglementation ne concerne que les clôtures érigées après la révision des plans locaux d’urbanisme, c’est un premier pas. À la suite de l’adoption de ces mesures, des propriétaires se sont donc empressés d’édifier des clôtures ne respectant pas ces prescriptions. L’un d’eux n’a manifestement pas apprécié que son action soit dévoilée au grand public et a donc décidé un dernier coup de poker en attaquant en justice, entre autres, les médias locaux.

Mais l’encadrement juridique des clôtures est désormais une réalité juridique : la bataille menée ces dernières décennies est en passe de voir ses premiers résultats et ce n’est pas l’acharnement juridique de quelques-uns sur les acteurs locaux qui fera reculer le combat. Nous ne céderons pas aux tentatives d’intimidation visant à nous faire taire. La lutte contre l’engrillagement continuera tant que certains mettront leur bien-être personnel au-dessus du bien commun.  

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