Le retour de la politique au conseil départemental de Loir-et-Cher !

Qui dit nouveau président, dit nouvelle ambiance ? Au Département 41, la première session menée par Philippe Gouet ce lundi 19 juillet s’est déroulée sans heurt majeur. Mais le chapitre passé des affaires de Nicolas Perruchot fait encore peser une chape de plomb sur l’assemblée départementale reconstituée.
Par Émilie Rencien
20 juillet 2021
Portrait de Philippe Gouet président du CD41
Philippe Gouet président conseil départemental de Loir-et-Cher le 19 juillet 2021 à Blois. ER / POLITICA

La patte du président Gouet ? Dans la continuité, comme le souhaitait d’ailleurs son prédécesseur déchu. La session départementale du 19 juillet, notamment consacrée à l’adoption du compte administratif 2020 et à l’examen de la première décision modificative du budget 2021, s’est écoulée sans surprise, sans éclats. Mais avec une impression de boulet aux pieds traîné par le nouveau patron du département de Loir-et-Cher.

Dans le fauteuil, l’arrivant Gouet semble porter sur ses épaules le poids d’histoires dérangeantes révélées depuis septembre 2020 dans les colonnes du Canard Enchaîné à l’encontre de l’ex-chef de ce même Département, Nicolas Perruchot. Passé d’une vice-présidence dans la majorité Union pour le Loir-et-Cher (UPLC) à l’opposition avec la création de son groupe La droite républicaine pour le 41, le conseiller départemental de Lamotte-Beuvron, Pascal Bioulac, n’aura pas manqué en séance de jeter un énième pavé dans une mare déjà troublée.


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Il faut dire qu’il fut pour sa part, par ricochet, accusé dans ces affaires blésoises de « traître », à lire l’un de ses posts sur son mur Facebook daté du 6 juillet. Il aura donc publiquement souhaité à M. Gouet « 7 ans de mandat en franchise ».

Apparaissant un brin tendu, Philippe Gouet (UDi), kinésithérapeute de profession, se sera dans la foulée rapidement empourpré, face à la presse locale en fin de session, à l’évocation répétée de la dernière affaire mise sur la table cette fois par France Télévisions et la cellule d’investigation de Radio France, relative à de suspectes transactions pécuniaires constatées entre l’Observatoire du dialogue social, association créée il y a trois ans par M. Perruchot, vers le compte bancaire privé de ce dernier.

« Aucun lien financier ! Aucun lien d’aucune sorte avec le conseil départemental ! Aucune action en justice à ma connaissance », aura balayé Philippe Gouet.

Les pions avancés, le travail peut débuter

Exit les dossiers, le président a changé, le travail est relancé. Toutefois, la nouvelle assemblée départementale sera, à n’en pas douter, moins consensuelle que la précédente. Qui dit nouveau président, dit nouvelle ambiance ?

En effet, la politique redevient acérée sur ces bancs, avec quatre groupes identifiés. D’abord, le majoritaire UPLC, à droite avec le Vendômois Philippe Gouet et à ses côtés, entre autres, fraîchement débarqués, le Solognot LR Guillaume Peltier (canton de Chambord) et le binôme romorantinais, soutenu par Jeanny Lorgeoux, Tania André et Bruno Harnois.

Puis, à gauche, dans l’opposition, le persistant Loir-et-Cher Autrement. Dans ses rangs, Lionella Gallard et Michel Contour (canton de Vineuil) et Michel Fromet et Geneviève Repinçay (canton de Blois 3). Ensuite, encore dans l’opposition, deux nouvelles entités sont nées et complètent ce tableau très politisé. A savoir, La droite républicaine pour le 41 de Pascal Bioulac et Agnès Thibault (canton de Sologne), associés à Élodie Péan et Jacques Paoletti (canton de Montrichard). Sans oublier Centres 41 du député Stéphane Baudu et Marie-Hélène Millet (Modem, canton Blois 2) avec les fraichement élus, Christophe Thorin et Angélique Dubé (canton de Selles-sur-Cher). Un intergroupe est en sus en pourparlers entre le trio d’oppositions précité pour, le cas échéant, peser davantage dans les débats.

« Il faut bien des électrons libres, des cailloux dans la chaussure »

Hanan El Adraoui

Enfin, citons le dernier duo, à gauche, Benjamin Vételé (Génération.s) et Hanan El Adraoui (canton Blois 1, Loir-et-Cher en commun). Un binôme non estampillé puisque depuis 2013, deux membres ne sont pas suffisants pour constituer un groupe politique. Leur tentative d’amendement pour modifier ce point de règlement fut de facto retoquée par l’UPLC. Ce qui ne signifie pas qu’ils compteront pour des prunes.

« Vous envoyez un mauvais signe ! Dans une phase d’observation pour l’instant, notre opposition sera ferme », aura déploré et promit le conseiller Vételé. « Il faut bien des électrons libres, des cailloux dans la chaussure », a souligné en coulisses sa binôme Mme El Adraoui. Puis, Philippe Gouet a fermé le ban, rassurant. « Ma priorité sera le territoire et ses habitants. Ma philosophie sera l’écoute, la concertation et le respect de chacun. » Avant, fait peu coutumier, qu’il ne souhaite un joyeux anniversaire aux élus qui soufflent une bougie supplémentaire cet été. Voilà, finalement, résumé, le style du président Gouet.

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