Législatives : les Altruistes du Loiret font du hors-piste

Temps de lecture estimé : 2 minutes D’apparence centriste, la liste des Altruistes affiche une proximité avec des programmes de gauche et de droite, au point d’en faire une candidature pour le moins atypique.
Par Mourad Guichard
10 mai 2022
Législatives 2022 à Orléans.
Archives ARP

En attendant le dépôt final des candidatures aux législatives fixé au 20 mai prochain, les noms sortent du chapeau. Parmi eux, deux listes attirent l’attention. Celles des Altruistes présents sur les troisième et sixième circonscriptions du Loiret.

Xavier Delaguette est l’une des deux têtes de liste fraîchement auto-investies. Cet agent immobilier résidant à Saint-Jean-de-Braye n’en est pas à son coup d’essai. « Nous avions une liste complète pour les dernières régionales, mais pour des raisons techniques, nous avons dû renoncer », explique-t-il. « J’ai par ailleurs été présent sur la liste de Vanessa Slimani aux municipales à Saint-Jean-de-Braye ». Le militant hors partis situe son engagement à l’influence qu’a pu exercer sa tante, militante à la Confédération nationale du logement (CNL) aux côtés de l’infatigable Michel Ricoud, figure communiste du quartier populaire de La Source. Puis, paradoxalement, à son rapprochement à Nicolas Sarkozy, élu président de la République en 2007. « Je souhaite rester ouvert à toutes les tendances, en dehors de l’extrême droite, de type Reconquête. La France souffre de trop de divisions », exprime-t-il. 

À ses côtés, Xavier Delaguette peut compter sur une trentaine d’adhérents, dont ses colistiers Aurélie Jamet et Sébastien Cessac, candidats sur la troisième circonscription, et Sarah Bounefikha, sa suppléante. « Nous sommes totalement indépendants et finançons nous-mêmes notre campagne », insiste le candidat qui se dit défavorable au financement jugé abusif des partis traditionnels par le contribuable. 

Sur le plan politique, Xavier Delaguette a l’inspiration large. Il se dit notamment proche des idées du député Insoumis François Ruffin. « Nous sommes pour la retraite à 60 ou 62 ans pour le secteur tertiaire et 55 ans pour les professions pénibles, comme celles du bâtiment, les caissières et les personnes arrivées très tôt sur le marché du travail », précise-t-il. Il se dit en revanche opposé au désarmement de la police, mais reconnaît le fléau des violences policières. Tout comme Ruffin, il assure qu’il reversera une partie de ses indemnités parlementaires à des associations. « Il y a autour de moi, des gens qui viennent d’EELV, de LR, de LREM, mais qui n’adhèrent plus au projet de leur parti », rapporte-t-il, ponctuant ses explications par des « On va pas s’mentir » chers à Nicolas Sarkozy. 

La campagne devrait être animée par de classiques tractages sur les marchés et deux ou trois rendez-vous publics autour d’un barbecue commun aux deux circonscriptions visées. « Ma grand-mère m’a appris à nuancer mes prises de position et pour moi, ce qui compte, c’est que les habitants des quartiers populaires, dont je suis issu, votent enfin », conclut le militant affichant une grande humilité. 

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