Loir-et-Cher : des enjeux politiques et syndicaux aux élections à la CCI

Il y a des consultations dont on entend moins parler, mais qui agitent le microcosme politique. Après les élections à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat remportées en Loir-et-Cher par le sortant, le pâtissier Stéphane Buret, c’est au tour de la Chambre des Commerce et d’industrie (CCI) de renouveler son équipe dirigeante avec un vote électronique jusqu’au 9 novembre minuit.
Par Alberto Rodriguez Pérez
7 novembre 2021
Assemblée de la CCI 41
Assemblée de la CCI de Loir-et-Cher. ARP / ARCHIVES

Deux listes s’opposent aux élections consulaires du 41. La liste d’union des entreprises « Ensemble, Réussir + Fort », soutenue par la Confédération des petites et moyennes entreprises (Cpme) et des adhérents du Mouvement des entreprises de France (Medef) avec à sa tête Marie-Noëlle Amiot, dirigeante de l’entreprise Thiolat, spécialisée dans la fabrication de cartonnages. Elle affronte « #Osons le Loir-et-Cher » menée par Paul Seignolle, retraité, président du Medef 41 et dirigeant de la SASP ADA Blois Basket.

Un scrutin départemental aux enjeux politiques et syndicaux

En coulisse, une bataille se joue entre le Medef et la Cpme. Marie-Noëlle Amiot insiste sur sa double appartenance aux deux syndicats du patronat depuis des années, organismes avec des représentants de petites, moyennes et grandes entreprises. De son côté, son concurrent, dirigeant du Medef Loir-et-Cher, représenterait davantage les intérêts des grosses entreprises.

Une différenciation à laquelle s’ajoute la question de l’indépendance du futur dirigeant de la CCI. Une interrogation mise en avant par des membres de la liste « Ensemble, Réussir + Fort ». En effet, on se souvient d’un Yvan Saumet, président sortant de la CCI 41, s’insurgeant publiquement haut et fort face à Marc Gricourt, maire PS de Blois et vice-président de la région, sur l’importance d’écourter au maximum les travaux de voirie sur l’Avenue Wilson en Blois-Vienne afin de réduire l’impact économique sur les commerçants du quartier.

Aujourd’hui, certains chefs d’entreprise ont exprimé sur les réseaux sociaux leur crainte d’indépendance du candidat Seignolle. Olivier Labbé (libraire Labbé) et Franck Bataille (Agitys), entre autres, ont questionné une probable incapacité de Paul Seignole à défendre les intérêts des entreprises auprès des pouvoirs publics. Et cela, en raison de l’engagement personnel et réitéré de M. Seignolle dans la société anonyme sportive professionnelle (SASP) ADA Blois Basket qu’il détient a 40 %.


« Il semble compliqué de défendre de façon indépendante et désintéressée les acteurs économiques — surtout quand il faut affirmer ses positions dans une discussion avec des partenaires institutionnels — si on est par ailleurs lié à ces mêmes partenaires dans d’autres organismes et activités »

Franck Bataille sur Facebook.

Rappelons que M. Seignolle est actuellement à la recherche de fonds pour boucler la construction d’un centre de performance pour l’équipe de basket de Blois et qu’il est amené à solliciter les institutions pour l’obtention de subventions, peut-on décrypter en substance.
Le projet initial avait été estimé à 4 M€, le club s’engageant à hauteur de 1,9 M€. Mais vu le prix des matériaux et les exigences du Fonds européen de développement régional, le montage financier n’est pas terminé. Il va probablement falloir faire des arbitrages. D’où l’appel du président de l’ADA aux collectivités locales, « pour un soutien plus conséquent »

Dans une vidéo publiée sur les réseaux, le candidat Seignolle s’engage à quitter sur-le-champ la présidence du Medef 41 une fois élu à la tête de la CCI. En revanche, s’agissant d’un projet qui « lui tient à cœur », il conserverait celle de l’ADA Blois Basket.

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