Loiret : un cadre LR pro-Zemmour viré par un président « Zemmour compatible »

Temps de lecture estimé : 2 minutes Le responsable des jeunes Républicains (LR) du Loiret engagé dans la campagne d’Éric Zemmour et ancien soutien de Serge Grouard, l’actuel président Les Républicains du Loiret, vient d’être lâché par son parti. Décryptage d’un billard à plusieurs bandes.
Par Mourad Guichard
3 novembre 2021
Eric Zemmour à Nice en septembre 2021
Eric Zemmour, essayiste d'extrême droite à Nice en septembre 2021. MACRI ROLAND / POLITICA

Valentin Blelly, cadre chez les jeunes Républicains du Loiret, transfuge du Front National, a été un fervent soutien de Serge Grouard, le très droitier et ancien député-maire d’Orléans, réélu au poste de maire en 2020. Le jeune militant avait, en retour, été bombardé responsable des jeunes Républicains du Loiret, promu délégué régional Centre-Val de Loire des jeunes LR et nommé représentant des intérêts LR dans la 6e circonscription du 45. Pourtant, il pourrait-être prochainement démis de ses fonctions.

En cause, son soutien à Éric Zemmour, en pré-campagne pour la présidentielle 2022 et qui n’a pas encore fait de déclaration officielle de candidature. Une posture étonnante de la part d’un Serge Grouard qui a pourtant son rond de serviette sur le plateau de « L’Heure des Pros », le talk-show version café du Commerce de CNews. La chaîne d’information en continu assure aimablement la promotion du candidat identitaire et a été épinglée, jeudi 28 octobre, par la Commission des sondages pour une représentation erronée d’un sondage sur les intentions de vote à la présidentielle, favorisant notamment Éric Zemmour.

« Serge Grouard est clairement Zemmour compatible », confirme un ancien proche du maire d’Orléans, aujourd’hui pro-Zemmour mais toujours encarté aux LR. Un constat qui laissait naturellement penser que M. Grouard, président LR de la fédération du Loiret soutiendrait mordicus le patron des jeunes de son parti.

« S’assurer une respectabilité de gaulliste républicain en vue des prochaines sénatoriales »

Qu’est-ce qui a bien pu provoquer ce revirement ? « Grouard, soutien de Barnier à la primaire de la droite, s’est toujours dit vieux Gaulliste », explique un cadre LR. « Pour les échéances à venir, il doit donner des gages à son parti et Valentin Blelly a servi de fusible. Serge Grouard l’a lâché pour s’assurer une respectabilité de gaulliste républicain, notamment pour sa probable candidature aux prochaines sénatoriales ».

Interrogé, le futur ex-responsable des jeunes LR ne comprend pas la position de son mentor. Ni celle de son parti. « Pourquoi LR ne sanctionne pas plutôt les soutiens à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, candidats à l’investiture des Républicains et pourtant ayant quitté le parti ? », questionne Valentin Blelly. « Je regrette que la direction de LR n’ait pas plutôt inclus Zemmour dans la primaire et soumis sa candidature au vote des adhérents lors du congrès du 4 décembre ».

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