Ministres de sortie à Blois pour prêcher la parole macroniste

Temps de lecture estimé : 3 minutes Un ministre en campagne et également en ville : Olivier Dussopt, chargé des comptes publics, a arpenté le centre commerçant de Blois (41) ce mardi 12 avril. Non pas pour faire du shopping, mais plutôt des emplettes de voix d’ici le second round de scrutin présidentiel.
Par Émilie Rencien
13 avril 2022
Panneau Emmanuel Macron, élection présidentielle 2022
Panneaux électoraux ce dimanche 10 avril lors du premier tour de l’élection présidentielle. ARP / POLITICA

Celui qui avait été accusé d’avoir « comme quelques autres renié et trahi son passé au PS » fin 2021 par une diatribe signée du maire socialiste de Blois, Marc Gricourt sur les réseaux sociaux, était en visite dans la ville de ce même édile ce mardi 12 avril 2022. Après un tour sous la pluie dans une poignée de commerces (magasin bio, boutique de décoration, boulangerie, chocolaterie, librairie, épicerie irlandaise, etc.), en compagnie de maires, de conseillers municipaux blésois, régionaux et départementaux, ou encore de jeunes militants du Centre-Val de Loire, Olivier Dussopt a été rejoint dans son déplacement par Marc Fesneau (Modem), local de l’étape, ministre en charge des relations avec le Parlement.

Depuis son compte Twitter, l’ex-éléphant Dussopt devenu ministre marcheur, délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la relance, Bruno Le Maire – une sorte de secrétaire d’État en somme – a posté son périple, sous-titré dans un message de mobilisation. 

Cette ville préfecture de Loir-et-Cher n’avait assurément pas été choisie au hasard par le duo précité, puisqu’au premier tour de l’élection présidentielle le dimanche 10 avril, les urnes ont sur ces bords de Loire placé La France Insoumise tout devant (28,53 %, avant le duo consacré, Emmanuel Macron (28,34%, LREM) et Marine Le Pen (16,07 %, RN).

Rassembler, ajuster… convaincre

Propagande donc bien en main dans une opération séduction sans pour autant trop oser en distribuer aux commerçants rencontrés, Olivier Dussopt a accepté de poser pour une photo. « Oui, je peux vous montrer le tract et le visage d’Emmanuel Macron, je n’ai pas honte, » nous a-t-il lancé, avant de s’exprimer sur le Président de la République en photo, dans un discours d’invocation. « C’est pour nous celui qui a le meilleur projet. Il doit changer et rassembler. Mais il ne peut mentir aux Français. Donc pour la réforme des retraites notamment, il écoute, entend, est prêt à rediscuter. Beaucoup de commerçants par ailleurs me disent qu’ils sont satisfaits des mesures que nous avons prises pendant la crise Covid. Si nous n’avions rien fait, cela nous aurait coûté plus cher, comme le vivent par exemple nos voisins espagnols. Nous préférons un problème démocratique qu’économique. Bien sûr, nous devons analyser le pourquoi des nombreux votes Mélenchon, mais il faut un deuxième quinquennat pour Emmanuel Macron ! » 

« La droite et la gauche de gouvernements ont disparu. Et les masques de l’extrême-droite doivent tomber. » 

Marc Fesneau

Marc Fesneau a complété et appuyé le propos de grande convergence. « La droite et la gauche de gouvernements ont disparu. Et les masques de l’extrême-droite doivent tomber. Nous avons quelque chose à construire et un travail de dialogue avec les oppositions à effectuer. Dès le premier tour, les Français ont mis Emmanuel Macron en tête, avec un score très haut, alors qu’il est rare qu’un sortant fasse plus. Seul François Mitterrand avait vécu cela, et à l’époque, il sortait d’une cohabitation. De toute façon, à la fin, un Président de la République doit être un rassembleur. Il doit gouverner pour rassembler les gens. Ce qui veut dire des ajustements. Emmanuel Macron n’hésite pas à expliquer aussi, à dire. Il nous faut créer un dialogue que peuvent entendre les Français. » 

Effectivement, il faudra, également et surtout, convaincre d’ici le 24 avril les abstentionnistes, les colériques, les négationnistes, les indécis, les déçus, les contestataires… Une lourde tâche pour ces deux hommes dans l’immédiat toujours ministres, et justement, ira, iront pas ? Pour ne pas se mouiller, M. Fesneau aura répondu laconiquement quant à la suite électorale envisagée, dans un style identique à d’autres hommes et femmes politiques. « Les législatives ? En juin ! Non, chaque étape en son temps. Mais nous y travaillons, car nous avons l’envie d’avoir les meilleurs équilibres. Je reviendrai vers vous. Tout commencera le soir du second tour. » 

En attendant, pendant cette balade à visée élective le 12 avril dans le cœur de ville de Blois, les conversations sous les parapluies marchaient bon train dans ces rangs d’élus Modem-LREM, entre allégations sur les minces réserves de voix macronistes pour affronter un match tendu sur fond de revanche frontiste le 24 avril, et supputations sur le futur nouveau département de partance du député solognot ex-LR, Guillaume Peltier, porte-parole d’Éric Zemmour (6,05 % à Blois le 10 avril), qui aura pour sa part raté sa Reconquête.

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