Misogynie, discrimination, harcèlement… les vérités de l’ex-députée Sophie Auconie

Alors qu’elle a décidé d’interrompre sa vie de députée pour raisons de santé, Sophie Auconie raconte dans un livre ses combats dans un monde guidé par la testostérone.
Par Alberto Rodriguez Pérez
14 juin 2021
Sophie Auconie

Cette article à récemment été mis à jour le 15 juin 2021

« La politique c’est mon ADN. Ce livre se voulait une profession de foi, il prend des allures de testament politique, ou du moins de bilan. » Après un mandat au parlement européen et quatre années passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, Sophie Auconie, ex-députée de la 3e circonscription d’Indre-et-Loire, se retire pour des problèmes de santé. 

À la lumière de son expérience publique, elle témoigne dans un livre paru début juin, de ses batailles et des difficultés des femmes à trouver leur place dans un monde guidé par la testostérone.

« Les hommes considèrent que la politique est le dernier terrain d’opérations militaires. Les élections sont souvent des combats, nous avons des adversaires, des opposants. Dans cette sémantique guerrière, ces messieurs jugent que dans ce milieu très masculin les femmes n’ont rien à y faire. »

« Même si la loi impose certaines parités, on a quand même beaucoup de mal à exister lorsque cela n’est pas une obligation. Nombre de femmes impliquées dans la vie politique méritent d’être assistées, soutenues, écoutées, incitées et accompagnées. Et cela n’est pas toujours le cas, C’est regrettable ! »

Les hommes et le pouvoir

Entre plafond de verre, manœuvres discriminatoires et harcèlement, à en croire le témoignage de Mme Auconie, l’itinéraire des femmes politiques s’apparente souvent à un parcours du combattant.

L’ancienne élue tourangelle reconnait pourtant qu’elle a fait de son apparence un atout : « aussi choquant et difficile à admettre que cela puisse être, je sais que mon physique m’a ouvert des portes ». Pour concéder ensuite avoir fait l’expérience singulière de l’obsession de certains hommes politiques pour les conquêtes féminines, ce besoin impérieux de séduire tout ce qui bouge . « J’en ai connu en Touraine comme à Paris ou à Bruxelles. Ces hommes-là se croient invulnérables et osent tout. L’un d’entre eux, une grande personnalité nationale, dont elle tait le nom, a passé un repas à tenter de me malaxer la cuisse. J’ai immédiatement bondi et prétexté des obligations pour aller saluer des gens et m’échapper de ce piège. »

Et bien que ses mentors ne soient pas nombreux, celui qui l’a le plus impressionné c’est Jean-Louis Borloo, « un visionnaire, fidèle en amitié ». Elle remercie Hervé Morin de lui « avoir permis de créer le mouvement Femmes au Centre et de lancer 81 clubs en France ».  Localement, c’est l’ancien député UMP, Renaud Donnedieu de Vabres, qu’elle salue pour l’avoir intégrée dans son équipe municipale.

Dans on ouvrage, Sophie Auconie règle aussi ses comptes. Avec entre autres, Philippe Vigier. Elle qualifié le député d’Eure-et-Loir de « déloyal et inconséquent », avouant même une certaine satisfaction de son échec électoral lors des élections régionales de 2015.


Au nom des mères, des filles et des sains d’esprit
Sophie Auconie – Plume d’éléphant
Publié le 05/06/2021
240 pages – 20 €


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