Présidentielle 2022 : Valérie Pécresse à Salbris, carte LR en poche

La présidente de la région Île-de-France, candidate à l’investiture de droite pour 2022, était en goguette ce vendredi 22 octobre, en Sologne (41), dans le cadre de son « Tour de France des solutions ». Elle est apparue rayonnante, le discours en panache afin de convaincre les initiés en amont du congrès des Républicains fixé au 4 décembre.
Par Émilie Rencien
23 octobre 2021
Valérie Pécresse à Salbris, carte LR en poche
Valérie Pécresse à Salbris, le vendredi 22/10/2021. ER / POLITICA

Quasiment sous les fenêtres du député de Loir-et-Cher, Guillaume Peltier (LR) qui soutient le président régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse était cette fin de semaine reçue par Alexandre Avril (LR). Plutôt cocasse en termes de nuances de pensées, si on y songe un instant que le maire de Salbris était tête de liste Loir-et-Cher pour le scrutin régional de juin dernier, aux côtés du député LR de l’Indre, Nicolas Forissier, uni avec ce même Peltier.

Autre truculence, l’horaire : le 22 octobre à 11h30 pour une réunion, annoncée « publique » sur les réseaux sociaux par une poignée de militants, dans la salle des fêtes Georges Vilpoux de la commune solognote. La rencontre se révélera finalement « privée », interne. « Inopinée », aura même précisé Valérie Pécresse, vêtue d’un manteau orange vif sous une brume matinale persistante, dans un territoire qu’elle connaît bien pour y venir en vacances du fait d’attaches familiales.

« Ma force, ma crédibilité, c’est que je formule des solutions et les Français ne s’y tromperont pas »

Valérie Pécresse, candidate à l’investiture par Les Républicains

Mais le diable politique se niche ailleurs, loin de vils détails que seuls les journalistes peuvent relever sur leur bloc. Car oui, pour Valérie Pécresse, l’ennemi désigné, le vrai, pour la droite est bien Emmanuel Macron (LREM). Et Marine Le Pen (RN), pas du tout ? « Non. Elle mettrait par contre le pays en faillite. Quant à Éric Zemmour, qu’il fasse des propositions, pour le moment il n’en a pas. Ma force, ma crédibilité, c’est que je formule des solutions et les Français ne s’y tromperont pas », a-t-elle confié d’un ton assuré.

Même pas peur, et dans la foulée, l’actuelle maire PS de Paris a également été jetée dans le paquet. « Anne Hidalgo a traversé le périphérique, s’est rendue compte que des gens utilisaient leurs voitures pour travailler, formidable ! Quant à ses amis écolos, ils sont complètement déconnectés. Moi, je suis profondément écologiste. Avec des solutions, pas des interdictions. J’ai eu le président des chasseurs franciliens sur ma liste ; je trouve qu’il y a tout intérêt à faire un partenariat écologique avec les chasseurs qui aiment la biodiversité. » 

Attendue ce 22 octobre à Châteauroux (36) en début d’après-midi, puis en soirée Saint-Cyr-sur-Loire (37) pour une réunion publique (cette fois-ci, sûrement la bonne heure), Valérie Pécresse a ainsi distillé pendant soixante minutes environ sa flopée d’idées devant un très petit comité d’aficionados loir-et-chériens. Immigration, éducation, délinquance, numerus clausus et régionalisation des concours, débureaucratisation du pays et décarbonation de l’économie, remise en question de l’échelon métropole et attention toute particulière accordée aux droits des femmes.

Horizons, Fillon, famille recomposée…

Sous la litanie conclue par un rapide apéro cacahuètes, la cruciale information se cachait assurément dans une confirmation, à la limite du roman picaresque. Valérie Pécresse, qui avait créé son mouvement « Libres ! », est redevenue encartée LR. « Oui, j’ai repris ma carte. Un choix de cohérence. » Ou de tentative opportuniste de provoquer la chance ? Et à Mme Pecresse de poursuivi : « Je suis partie, car avant et après le départ de Laurent Wauquiez (président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, NDLR), j’ai pensé qu’on ne voulait pas de moi au parti. Puis Christian Jacob (actuel président LR) est venu me chercher en me disant que je pourrais être leur candidate 2022. Alors j’ai saisi cette main tendue. Je suis de retour, LR ! Je la joue collectif et tout le monde me suivra. J’irai voir Hervé Morin (président des centristes, région Normandie, NDRL), Jean-Christophe Lagarde (UDi)… Et d’ailleurs, je le répète sans arrêt, je le dis partout : réadhérez ! Pour ne laisser personne partir chez LREM, pour l’alternance. Nous sommes un parti de gouvernement. Je compte sur vous ! » 


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La désormais réconciliée LR s’est montrée à son zénith à Salbris, mais la presse étant tatillonne également… Ne persiste-t-il pas un nuage national qui menace d’attirer les exilés de droite sur la ligne des « Horizons » d’Édouard Philippe par exemple ? « Je ne fais pas confiance à l’ex-Premier ministre de Macron », a asséné sans surprise la candidate, toujours souriante. Puis, reprenant un leitmotiv déjà entendu dans la bouche de François Fillon en 2016 : « Je vous laisse déjeuner ; l’heure c’est l’heure en Sologne. La France va mal. Seuls la droite et mon projet peuvent redresser le pays ! »  Valérie Pécresse devra pourtant encore tirer son épingle du jeu face à cinq figures masculines d’ici l’issue du congrès du 4 décembre, Xavier Bertrand ayant finalement accepté les règles du congrès. Michel Barnier, Éric Ciotti, Denis Payre et Philippe Juvin. Pour espérer transformer son songe en réalité d’Élysée dans l’objectif lune 2022.

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