Présidentielle dans le Loiret : une fin de campagne contrastée

Temps de lecture estimé : 3 minutes Dernière ligne droite de l’élection présidentielle pour les militants de la France Insoumise dont le candidat flirte avec les 17 % d’intentions de vote. Les écologistes préparent eux les législatives conscients des chances limitées de leur candidat. À l’extrême droite, harcèlement moral, luttes de pouvoirs et coups bas, rythment les derniers instants de la campagne de Reconquête Loiret.
Par Mourad Guichard
8 avril 2022
Happening des écologistes contre le réchauffement climatique, samedi 2 avril 2022 place du Martroi à Orléans. ARP / POLITICA
Happening des écologistes contre le réchauffement climatique, samedi 2 avril 2022 place du Martroi à Orléans. ARP / POLITICA

Après leur dernier meeting de campagne, ce mercredi à Orléans, les militants de la France Insoumise sont sans doute les plus incertains, et pour cause. Au fil des sondages, ils voient leur candidat Jean-Luc Mélenchon grimper pour flirter avec les 17 % d’intentions de vote ce vendredi, mais notent également que Marine Le Pen gagne des points au fur et à mesure qu’Éric Zemmour, sur ce même versant idéologique, dévisse littéralement.

« On y croit, il y a une très bonne dynamique et les 30 % d’abstentionnistes peuvent faire la différence », assure William Martinet, membre du parlement de l’Union populaire et coanimateur du meeting orléanais aux côtés de la conseillère régionale Karin Fischer. Ils tiennent également à préciser que La France Insoumise « ne revendique pas un vote utile, mais un vote d’adhésion, et appelle à faire barrage à l’extrême droite dès le premier tour ».

Leur candidat a marqué cette dernière ligne droite en obtenant le soutien de 2000 personnalités qui, si elles ne sont pas d’accord avec l’ensemble du programme, appellent à donner toutes ses chances au candidat de la gauche le mieux placé. Même soutien apporté avant la sonnerie du gong par l’ancienne garde des Sceaux, Christiane Taubira. 

Les écologistes, au lendemain d’une action contre le réchauffement climatique, samedi 2 avril place du Martroi, ont également affiché un appel à voter pour leur candidat Yannick Jadot, signé nationalement par plus d’un millier d’élus, dont plusieurs dizaines en région Centre-Val de Loire. Si les militants savent que la candidature écologiste n’a que très peu de chances de s’imposer, certains voient plus loin en préparant activement les législatives.

Les écologistes déjà sur le coup d’après…

« Je m’étais investie dans la campagne des régionales et je pensais vraiment que la liste écologiste pouvait gagner », confie Candice Menant, candidate sur la première circonscription. « Et là, je suis un peu désolée de voir que la campagne est menée par les sondages au détriment du débat de fond ». Elle partira dans cette première expérience avec Alexis Roy, autre jeune militant. Leur credo : vouloir faire de la politique autrement et montrer une autre image d’Europe-Ecologie les Verts que celle affichée par les médias. « On résume tout aux petites phrases et au fait qu’EELV ne parlerait que d’écologie, ce qui est faux. Nous avons un programme social et politique », assurent les deux candidats. Pour faire de la politique autrement, ils comptent attirer les jeunes par une campagne de proximité visant, notamment, les quartiers populaires. « Comme symbole, nous serions satisfaits que nos prochains candidats soient du quartier de La Source », indique Candice. 

Chant du cygne chez Reconquête Loiret

Chez Reconquête Loiret, cette fin de campagne résonne comme un chant du cygne. Accusations de harcèlement moral, de harcèlement sexuel, luttes de pouvoirs, coups bas, délation… Tout y est. Et comme le rapportait Politica en janvier, cette situation est ancienne et ne peut être mise en lien avec la chute d’Éric Zemmour dans les sondages.

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Cerise sur le gâteau : des affiches ont été collées sur l’ensemble des panneaux électoraux de plusieurs communes du Loiret, dont Artenay, la semaine dernière. Action totalement prohibée par le code électoral. Contacté, Bertrand de Villèle, l’un des cadres du mouvement, assure qu’il s’agit d’actes isolés, tantôt perpétrés par des militants peu au fait des lois, tantôt par des adversaires politiques qui se seraient procurés des affiches de campagne. Assez difficile à avaler, d’autant plus que ce même Bertrand de Villèle se vante, en petit comité et par écrit, d’en être l’auteur. « Nous avons envoyé la facture à Reconquête qui couvre le temps passé au nettoyage des panneaux électoraux, ainsi que les produits utilisés », confie un élu d’Artenay. La campagne des législatives risque fortement de pâtir de cette ambiance délétère.

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