Tribune d’expectative de la gauche régionale avant le premier tour

Temps de lecture estimé : 3 minutes Personne n'a vraiment vu les semaines défiler mais l'heure de vérité surviendra dans deux jours. En Centre-Val de Loire, à défaut d'assurance, le Parti Socialiste croise tous les doigts du bout desquels il a rédigé un argumentaire d'espérance, dans la dernière ligne de la campagne, en amont du scrutin de ce dimanche 10 avril.
Par Émilie Rencien
8 avril 2022
Panneaux électoraux à Orléans. ARP / POLITICA
Panneaux électoraux à Orléans. ARP / POLITICA

Alors que Jean-Luc Mélenchon (LFI) poursuit son ascension dans les sondages (16,5% selon la dernière enquête Ipsos-Sopra Steria) et grimpe sur la troisième position dans les intentions de vote des Français, après le duo, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, la maire PS de Paris, candidate à l’élection présidentielle 2022, Anne Hidalgo, ne dépasse toujours pas la barre des 2% de bulletins qui seront possiblement glissées ce dimanche 10 avril dans les urnes.

Le score bloqué risque pourtant fortement de jeter une ombre, et surtout de l’opprobre sur la destinée politique du camp socialiste. En septembre 2021, dans le Loir-et-Cher, à Blois, lors du Campus d’été PS, le secrétaire national Olivier Faure avait certifié. «Les écologistes ont incontestablement émergé. Mais la vérité électorale n’est pas celle d’une submersion verte. Aujourd’hui, la principale force à gauche, ce sont les socialistes !». Or, force est de constater que même Yannick Jadot (EELV) demeure positionné devant (5%). Au mois de février 2022, Marc Grciourt, maire PS de Blois et premier vice-président de la région Centre-Val de Loire, avait serti leur conviction à l’envi. « Rien n’est gagné, rien n’est perdu. » 

Le projet de la candidate socialiste est adossé à la solide Histoire de la gauche qui a changé la vie avec ses conquêtes sociales…”

Les cent élus de la gauche régionale

Un leitmotiv qui sera harangué jusqu’au bout par le PS : pour preuve, ce mois d’avril 2022, un communiqué de presse à l’initiative de 118 élu(e)s de la région Centre-Val de Loire le maintient. Ces patronymes assoient dans ce courrier tribune leur sélection. « Notre choix est celui d’Anne HidalgoDimanche, nous, – maires, élus locaux, départementaux, régionaux, parlementaires – appelons toutes les femmes et tous les hommes chez qui résonnent les valeurs de justice sociale, de tolérance, de liberté, chez qui le grand défi climatique fait écho, à voter et faire voter pour Anne Hidalgo. Le projet de la candidate socialiste est adossé à la solide Histoire de la gauche qui a changé la vie avec ses conquêtes sociales : les congés payés, l’abolition de la peine de mort, les 35 heures, la décentralisation, le mariage pour toutes et tous… Oui, Anne Hidalgo fait le choix d’une société au coeur de laquelle la qualité et le soin sont portés. »

Au présent mais un avenir indécis

Le propos continue et serine, martèle, insiste. Au moment où son avenir politique paraît en péril, à l’instar de la droite et des formations politisées traditionnelles, voire historiques, la gauche déroule ainsi son fil rouge argumenté au « présent ». La missive continue en ces termes, donc. « Pour Anne Hidalgo la nouvelle promesse Républicaine, c’est : un présent qui revalorise et rémunère plus justement le travail, augmente le SMIC de 200 euros net/mois, établit de nouvelles règles universelles d’assurance chômage et sécurise les transitions professionnelles…

Un présent qui adapte les formations pour répondre aux besoins en compétences de nos entreprises, généralise l’alternance, donne davantage de moyens aux TPE pour la gestion des ressources humaines… Un présent qui revalorise les salaires des enseignants, modernise notre modèle pédagogique, crée un service public de la petite enfance… Un présent où notre jeunesse ose, rêve, crée et vit sans peur ni faim au ventre avec une « loi d’urgence », la mise en place d’un revenu minimum jeunesse et une dotation de 5000 euros pour tout nouveau majeur. Un présent où la démocratie vit par la création d’un référendum d’initiative citoyenne, la prise en compte du vote blanc, le droit de vote dès 16 ans et pour les étrangers non-européens aux élections locales, la promotion de la culture partout, 1 milliard d’euros pour la lutte contre les violences faites aux femmes et un ministère des droits des femmes de plein exercice. Un présent où l’écologie est le combat du siècle, avec le nucléaire comme énergie de transition, la lutte contre la précarité énergétique grâce au tiers-payant (760.000 logements par an),

Quatre grandes odyssées industrielles dans la santé, l’énergie, les mobilités et le numérique…

Un présent avec une Europe plus humaine dans sa politique migratoire, plus juste économiquement et socialement, plus respectueuse de critères sociaux et environnementaux pour ses accords commerciaux, plus exigeante sur l’imposition des multinationales et leur transparence fiscale… Un présent où les sécurités sociales sont garanties : en consolidant l’hôpital public comme pilier de la santé des français, en assurant partout l’accès aux soins, en déclarant la retraite à 62 ans pour vivre vieux et mieux.»

Enfin, le PS rejette le vote « de conviction » au profit d’un vote qu’il juge « utile ». L’écrit signé le 7 avril par une centaine d’élus de la région Centre-Val de Loire confirme cette donne. «Militantes et militants politiques de la justice sociale et de la cause écologique, nous refusons le fatalisme d’une réélection qui serait déjà jouée.Nous réfutons également toute résignation à laisser l’extrême droite prospérer. Nous appelons au seul vote utile dimanche 10 avril, celui en faveur d’une gauche républicaine, sociale et écologique qu’incarne Anne Hidalgo. »

Il faudra attendre les résultats du premier tour présidentiel ce dimanche soir, 10 avril, dès 20 heures, pour conjuguer, ou non, les verbes au futur… ou au passé.

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